Chroniques d'une fausse vegan : le mythe du lait

Et bonjour ! Ici votre déglingueuse de mythes préférée ! Dans ma dernière chronique, je me suis efforcée de vous démontrer qu’adopter un régime végétal était bien loin d’être synonyme de carences. J’avais même souligné le fait que le régime omnivore pouvait être le premier touché par ces fameuses vilaines carences. Après avoir fait un ravalement de façade à ce premier mythe, je vous avais promis de faire sa fête à celui du lait (pour la fête à Macron, désolée, c’est ailleurs). Chose promise, chose due. Le mythe du lait va en prendre pour son grade !

“Les produits laitiers sont nos amis pour la vie”

What the… Je suis la seule à qui ces petits squelettes foutent clairement la pétoche ? Sérieusement, c’est quoi cette pub de l’enfer ?!

Posons-nous tout d’abord une première question : pourquoi buvons-nous du lait de vache ? Lors de la plupart des naissances, la mère allaite son bébé. Grâce au lait maternel, nous allons stimuler notre système immunitaire, avoir les nutriments énergétiques nécessaires à notre croissance. A ce niveau, rien ne nouveau ni de choquant. Là où tout dérape, c’est lorsque le lait maternel est troqué par du lait de vache (et on peut comprendre les mamans, c’est assez éreintant tout de même). Quoi de plus normal que de donner à son petit du lait de vache pour poursuivre sa croissance puisque ce même lait est utilisé dans le même but pour les veaux ? Par contre, est-ce toujours normal de continuer à boire du lait alors que notre corps n’en a plus besoin ? Petit exemple : j’ai 27 ans, ai-je toujours besoin de prendre du lait pour ma croissance ? Enorme doute.

Le lait de vache est essentiel dans l’alimentation du veau, tout simplement parce qu’il est très riche. Il est un concentré de graisses, de cholestérol, d’antibiotiques, de bactéries, d’hormones de croissance et contient trois fois plus de protéines que le lait maternel. Pas étonnant qu’avec tout ça, le veau grandit vitesse grand V. Et, chose étonnante, il arrêtera lui-même de s’allaiter lorsqu’il aura fini sa croissance. Nous sommes donc les seuls mammifères à boire du lait après la période de sevrage. Nous sommes également le seul mammifère à piquer le lait d’un autre. Parlez de contre-nature…

Chroniques d'une fausse vegan : le mythe du lait
Face palm…

La Quête du Calcium

Je ne les avais pas encore cités dans cet article. L’heure est venue, chers lecteurs ! Les lobbies (owi, owi, ils sont partoouuuut). Alors, que nous disent-ils les copains lobbyistes ? “Le lait est plein de calcium et ça, c’est jackpot pour vos os ! 3 produits laitiers par jour et vous allez vous transformer en Wolverine, trop cool !”.

Comme je vous le disais dans mon article précédent, oui, le lait contient du calcium. Gros scoop ! Petit souci : ce calcium est très mal assimilé par le corps humain, seulement 30 à 35%. Le calcium végétal lui, est assimilé de 50 à 75%. Autant vous dire que, si vous voulez vraiment du calcium, oubliez le verre de lait. Pour satisfaire nos besoins en calcium, mieux vaut donc se tourner vers les végétaux (choux de Bruxelles, brocoli, chou chinois, chou frisé…), les céréales, les légumineuses ou même les algues (oui, manger des makis avec de l’algue nori, c’est bon pour nos os).

Si le calcium est mal absorbé, c’est à cause de la trop grande quantité de protéines contenue dans le lait dont je vous parlais au début. Notre corps n’a pas la capacité d’intégrer ces protéines, destinées au veau. Si vous avez lu mon article sur le soja et les phyto-oestrogènes, cela doit vous rappeler quelque chose, cette histoire de compatibilité entre organismes. Face à cet afflux incompréhensible, le corps n’a qu’une solution : élimination complète ! Devinez comment il va s’y prendre ? Il mobilise ses propres réserves de calcium ! Après avoir réussi à éliminer tout ça, la réserve de calcium de votre corps aura donc bien diminué. Retour à la case départ. Si vous voulez du calcium avec du lait de vache, il faudrait que ce dernier soit riche en magnésium. Pas de chance, vraiment, ce n’est pas le cas. Echec et mat.

Ainsi, le lait n’apporte pas de calcium et il fragilise vos os. Ce pourquoi les produits laitiers ont été reconnus comme responsables dans l’apparition/aggravation de l’ostéoporose*. Cette fameuse maladie menant à des fractures d’os qui, si on en croit nos lobbies chéris, peut être évitée par la consommation de 3 produits laitiers par jour. No comment. D’autres maladies et cancers peuvent aussi être accélérés par la trop forte consommation de produits laitiers. Je ne vais pas partir dans leur énumération, je ne suis pas là pour ça. Les cas du calcium et de l’ostéoporose me semblent être les plus parlants à ce niveau.

D’où vient le mythe du lait ?

Chroniques d'une fausse vegan : le mythe du lait

Vous n’avez pas dû échapper au reportage de Cash Investigation sur les filières laitières. Résumé : cette industrie est multi-milliardaire. Quand on possède ce genre de moyen, il devient assez facile de marteler à coup de beaux slogans marketing les consommateurs. Je ne prône pas la théorie du complot. Néanmoins, avec le nombre effarant de vraies études scientifiques qui dénoncent les dégâts du lait, nous ne pouvons plus fermer les yeux. Je parle de “vraies études scientifiques”, car, il faut savoir que les lobbies et industriels du lait “achètent” des études (pour ne pas dire des docteurs, spécialistes, institutions…) afin que leur “bonne parole” soit appuyée, voire prêchée, par ces “professionnels” en blouse blanche. Effet garanti sur le consommateur qui raffole de ces experts.

Vous avez remarqué, même dans la pub pour Oral B Mac, Lesggy partage la vedette avec des dentistes et des experts en belle blouse blanche. C’est du sérieux tout ça mesdames et messieurs ! Bref, je m’égare.

Pour information, voici quelques unes de leurs participations :

  • En France, l’industrie laitière assure une large part du financement de l’Institut Français pour la Nutrition (IFN), une structure influente auprès des pouvoirs publics. Elle organise notamment des colloques sur le rôle des aliments transformés sur la santé.
  • Les grands acteurs de cette industrie ont fondé leurs “conseils scientifiques”. Ils qui communiquent les messages officiels des producteurs et distributeurs de lait au grand public et aux médecins. Ils conseillent même les organisations de santé nationales et européennes, comme le CERIN (Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles).
  • La direction du Programme National Nutrition Santé (PNNS) des ministères de la Santé, de l’Education Nationale et de l’Agriculture, a été confiée en 1999 à un médecin siégeant à l’Institut Candia. Bizarrement, dès l’année suivante, le PNNS se fixait comme objectif prioritaire “d’augmenter la consommation de calcium” chez les Français, en consommant “trois produits laitiers par jour”.
  • En 2005, sur les 29 membres du comité d’experts en nutrition humaine de l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments)le comité chargé de conseiller les Français sur leur alimentation, 20 avaient des liens de collaboration avec l’industrie laitière.

Avec tout ça, moi, j’ai des doutes sur cette “bonne parole en blouse blanche”. Tous aux abris !

Et les vaches dans tout ça ?

Avec toutes ces histoires, on en oublie souvent les premières intéressées : les vaches. Pour produire du lait, en toute logique, une vache doit avoir un petit veau, tout nouveau, tout beau. Oui, mais, comment répondre à la demande en hausse ? Comment faire pour avoir plus de lait avec le même nombre de vache ? “Facile : il suffit que la vache soit de nouveau enceinte alors qu’elle vient juste de mettre bas. En répétant ce cercle, la vache fera tout le temps du lait et on s’en mettra plein les poches Robert !”. Ainsi, pour avoir un max de rentabilité, les vaches sont perpétuellement inséminées, de manière artificielle bien sûr, et pas de façon très délicate. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, personnellement, être enceinte non-stop et ce, contre ma volonté, ça ne me plairait pas des masses.

Ainsi, dans ces conditions extrêmes, la vache va produire 23 litres de lait par jour, au lieu des 15 litres en moyenne lorsqu’elle est dans un cycle naturel. Ainsi, les vaches sont constamment exténuées, mal traitées, séparées de leurs veaux. Les traites multiples développent des maladies au niveau des pies. Les industriels règlent ça à grand coup d’antibiotiques (qui se retrouvent dans le lait que nous buvons, yay !). Pour couronner le tout, l‘espérance de vie d’une vache passe de 20 ans à 5 ans*. Je pense que tout est dit. Si vous avez encore des doutes, je vous laisse faire vos propres recherches, internet regorge d’articles et de vidéos choc. Une fois encore, je ne suis pas là pour partager ce genre de contenu. Je souhaite simplement lancer la machine de la réflexion personnelle que tout le monde devrait prendre le temps d’avoir.

Chroniques d'une fausse vegan : le mythe du lait

Bon, on fait quoi du coup ?

Laits et crèmes d’amandes, de soja, de riz, d’avoine, de cajou, de coco, de millet, d’épeautre, de quinoa, de noisettes, fromage de noix de coco, de soja… Les produits “laitiers” végétaux sont de plus en plus nombreux. Dans ce cas, pourquoi se cantonner uniquement au lait de vache qui ne nous veut définitivement pas du bien et qui ne contient aucun nutriment qui nous est bénéfique ? Si vous avez peur de “manquer de calcium” en prenant du lait d’amandes, détrompez-vous. Le calcium présent dans le lait de vache est surtout là grâce aux végétaux que consomme la vache. Ainsi, prendre directement le calcium à la source ne peut être que bénéfique. En plus de contenir du calcium, les végétaux au global sont une excellente source de minéraux et de magnésium.

Vous l’aurez compris, le lait et moi, on est un peu en froid. Cela fait des années que je n’en achète plus. Si j’en consomme encore, ce sera surtout du fromage (uniquement de chèvre ou de brebis) ou de la crème fraîche. Néanmoins, ce sera de manière très exceptionnelle. Quand je ne suis pas chez moi, j’essaie de plus en plus d’apporter dans ma valise mon lait d’amande (freak alert). Toutefois, j’ai encore un souci : les gâteaux. Je consomme encore des petits gâteaux dont la composition comporte du lait (souvent en poudre d’ailleurs). De nombreuses alternatives vegan existent aujourd’hui, et je compte très bientôt y passer.

Si vous aimez vraiment le lait, je comprends, moi aussi, j’en raffolai pour le goûter. Si vous ne voulez pas abandonner le lait, je comprends aussi. Néanmoins, il y a une petite chose que vous pouvez faire : alterner. Un coup produit laitier animal, un coup végétal. Vous ferez peut-être même de belle découverte, qui sait. Et si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour Maguette et sa copine Marguerite. Elles ont bien mérité un peu de repos, non ?

Alors, que pensez-vous de tout ça ? Pour ou contre les produits laitiers ? J’espère que cet article vous aura plu et que vous y aurez appris quelques petites choses. Pour la prochaine chronique, j’ai envie de vous parler des alternatives végétales assez étonnantes que l’on peut trouver. Alors, à la semaine prochaine !

3 thoughts on “Chroniques d’une fausse vegan #5 : le mythe du lait”

  1. Sujet et article très intéressants et bien argumenté !
    Je suis totalement d’accord avec toi sur la majorité des points, mais j’aimerais défendre un peut le lait !

    L’industrie du lait actuelle, comme celle de la viande, est absurde. Les élevage hors sols remplis de vaches malades nourries au maïs et au soja me dégoutent. Cependant je pense qu’une consommation raisonnable de lait issue d’une agriculture locale (si possible) et raisonnée est viable.

    Les produits laitiers ne sont pas nouveaux, seul le modèle a évolué. Dans les campagnes indiennes, beaucoup de personnes sont végétariennes mais le lait est présent (ghee, paneer, masala tea). Pas d’insémination artificielle, pas de séparation du veau, pas d’abattoir (les vieilles vaches sont libérées et se baladent). 1 ou 2 vaches ou bufflonnes par foyer, ou un peu plus si tu vends au voisins. Un peu comme en Europe autrefois, et ça marche !

    En Europe justement, nous avons des montagnes et des marais qui ne sont pas cultivables. Une tranche de comté AOC issue de vaches qui ont au minimum 1 hectare de prairie chacune dans ces montagnes n’est pas si mauvais que ça pour la santé, les vaches et la planète. Une bonne solution selon moi pour transformer toute cette herbe en protéines assimilables par les humains.

    Côté alternatives, j’aime bien l’idée du lait de soja, d’avoine ou d’épeautre: les transformer en lait a un meilleur rendement que nourrir les vaches laitières avec… Pour les amandes j’ai plus de doutes sur la viabilité à plus grande échelle.

    Bref, je prône l’alternance ! Moins de produits laitiers, mais de meilleure qualité (animaux en pâturage au minimum) et fait dans de bonnes conditions pour la vache. Plus facile à dire qu’à faire aujourd’hui pour le yaourt ou la bouteille de lait, mais possible en France avec les fromages de montagnes !

    désolé pour le pavé, ça me parle beaucoup ce sujet^^

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