Chronique d'une fausse vegan : vegan et carences, quel est le vrai du fauxIci, on n’a pas peur des gros sujets qui fâchent, qui divisent les familles, enflamment des pays entiers et détruisent des civilisations. Pour ce quatrième volet de mes chroniques d’une fausse vegan auto-proclamée, je vous propose un nouveau débat houleux : vegan et carences, quel est le vrai du faux ? “Oui parce que, soyons réalistes un peu voulez-vous, les végans, avec leurs graines, ils manquent cruellement de protéines et ont des carences de fifous !

Chroniques d'une fausse vegan : vegan et carences, quel est le vrai du faux ?
Elle est bien bonne celle-la, Carambar a du souci à se faire !

Le mythe des carences

Si vous avez lu les épisodes précédents, vous vous souviendrez de ce que je vous racontais concernant les lobbies et le soja. Pour ce mythe des carences, nous sommes un peu sur la même trame. Tout ça, c’est du pipeau. On ne veut tout simplement pas que vous boudiez l’industrie de la viande. Dans vouloir faire de mauvais jeu de mot, ce marché est bien trop juteux pour que l’on permette aux consommateurs de s’en détourner.

A cela, rajoutez une peur de l’inconnu et une méconnaissance globale du véganisme. Vous obtenez alors un cocktail de préjugés bien carabiné et une sale réputation pour le véganisme. Comme l’écrit le Dr Jérôme Bernard-Pellet : “Il faut savoir que, contrairement aux idées reçues, et à ce qu’on peut lire dans certains articles médicaux manquant de rigueur scientifique, le végétalisme est tout à fait viable. Bien mené, non seulement le végétalisme n’est pas dangereux, mais les bénéfices pour la santé attendus sont même supérieurs au végétarisme simple en ce qui concerne l’obésité, les maladies cardio-vasculaires et l’hypertension”. Certes, manger vegan peut comporter des risques de carences, mais pas plus que manger omnivore. Comme tout régime alimentaire, il faut se renseigner afin d’équilibrer au mieux son alimentation. En suivant quelques conseils simples (mais surtout très logiques), le véganisme peut donc s’appliquer à tous et sans aucun risque.

Ainsi, les végans seraient bien les derniers à avoir des soucis de carences. Se sont les premiers à se renseigner sur l’équilibre alimentaire et à consommer une très grande variété d’aliments. Notre société omnivore actuelle, avec ses plats préparés trop salés, trop gras, trop sucrés, sa sur-consommation de produits laitiers et son manque de diversité dans l’assiette, serait donc plutôt la première concernée par les carences. Mais, bizarrement, ce sont les végans qui prennent cher. Il semblerait qu’il y ait un bug dans la matrice les mecs.

Chroniques d'une fausse vegan : vegan et carences, quel est le vrai du faux ?

Le Saint Graal de la protéine

Encore un mythe bien ancré : les végans manquent de protéines. Comme je le disais plus haut, le véganimse peut potentiellement entraîner des carences s’il est mal mené. Néanmoins, selon une étude de The Journal of the American Osteopathic Association réalisée en 2016, s’il y a bien une chose dont les végans ne manquent jamais lors d’analyses, ce sont bien les protéines et les acides aminés* ! Et ouais, dans les dents !

Dans l’inconscient collectif, la viande, les oeufs, le lait et le poisson sont les uniques sources de protéines. On oublie complètement le fait que toute espèce vivante a, comme nous, besoin de protéines et en contient. Par espèce vivante, on est bien d’accord qu’on inclus les animaux… et les plantes. C’est pourquoi vous trouverez des protéines dans les épinards par exemple, mais aussi dans les pommes, dans le riz…

Pour un apport optimal en acides aminés, le mieux est de combiner céréales et légumineuses. Ce sont les deux sources végétales les plus intéressantes. Pourquoi les prendre ensemble plutôt que l’une ou l’autre ? Tout simplement parce qu’elles ne possèdent pas les mêmes acides aminés (le corps humain en nécessite 8 différents). Avec cette association, tous les besoins sont couverts. Vous faites le plein en protéines et tout le monde est content. Le soja et tous ses dérivés sont aussi une excellente source de protéines. Alors, avec tout ça, qu’on ne vienne plus me dire que les végans sont en manque de protéines.

Calcium, fer, oméga 3, tout y est !

Là aussi, les omnivores se sont pris le choux et ont décidé que les végans étaient carencés sur bon nombre de nutriments. Rapide tour d’horizon.

“Bois ton lait, c’est plein de calcium, c’est pour avoir de bons os”. FAUX. Le mythe du lait, ça vous dit quelque chose ? Vous allez pouvoir m’appeler la déglingueuse de mythes à ce rythme ! En attendant mon article complet sur le sujet, je vais faire court.

  1. Plus vous consommez de calcium “animal” moins votre corps l’absorbe.
  2. De base, le calcium “animal” n’est pas très bien assimilé par le corps humain (30 à 35%).
  3. Les populations qui consomment le plus de produits laitiers sont ceux qui souffrent le plus d’ostéoporose. Pour l’excuse des os robustes, on repassera donc.
  4. Le calcium végétal a une excellente assimilation (50 à 75%).

Résumé : en arrêtant de boire du lait, les végans se rendent plutôt un bon service. En consommant des amandes, du soja, du brocoli, du persil, des épinards, le quota en calcium est vite atteint ! Oubliez le Yop, le lait d’amande va devenir votre nouveau copain pour la vie, la vraie.

Pour le fer, là par contre, nous sommes bien d’accord. La viande rouge a une biodisponibilité bien plus forte en fer que les végétaux (25% contre 5% d’assimilation). Néanmoins, et je le répète, dans le cadre d’un régime alimentaire étudié et intelligent, le fer ne viendra pas à manquer. S’il y a carence, cela peut venir d’autres facteurs (qui se retrouvent aussi chez les omnivores, soit dit en passant) et notamment des aliments inhibants le fer (coucou le petit thé bu directement après manger). Le tofu, les noix, le quinoa et les aliments riches en vitamines C permettent d’apporter et d’absorber correctement le fer nécessaire à notre corps. De plus, je rappelle qu’un excès de fer n’est pas bon pour la santé. Il oxyde l’organisme et augmente la risque de certaines maladies.

Concernant les oméga-3, je ne comprends même pas pourquoi cela fait débat. Avec les huiles, les graines de courge, de tournesol, de chia et de lin et les oléagineux, sérieusement, les oméga-3, ce n’est pas ce qui manque. Quand on voit, dans les rayons de supermarchés, fleurir des produits “enrichis en oméga-3”, on se demande parfois pourquoi on enquiquine les végans. La carence est généralisée. Le monde à l’envers je vous dis !

Et la B12, on en parle de la B12 ?

Je la gardais pour la fin : la fameuse vitamine B12. Les végétaux ne contiennent pas, ou très peu, de cette vitamine. A l’origine, la B12 se trouve dans les sols. Les animaux consommant les plantes, sont donc remplis de B12. Oui mais, aujourd’hui, avec l’élevage de masse, le bétail ne voit plus trop les prés verdoyants. Du coup, les industriels les supplémentent en B12. Cette fameuse B12 qui manque aux vegans fait un peu froid dans le dos. S’il n’y a qu’un seul supplément que les végans doivent donc prendre c’est la B12. Pour les omnivores qui seraient arrivés jusqu’ici, je vous recommande donc de bien choisir votre viande afin d’éviter de devenir un laboratoire ambulant. Choisissez du label rouge ou du bio, vous rendrez service à la fois aux animaux et à votre corps.

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Appelez-moi la déglingueuse de mythes !

Une petite conclusion, et on remballe

Il est inutile d’avoir peur ou de diaboliser le véganisme. Vous trouverez toujours quelqu’un pour vous dire le contraire, mais manger végétal n’est pas dangereux pour votre santé, bien au contraire ! Le tout est donc de se renseigner avant de se lancer. Les risques de carences sont les mêmes que chez les omnivores. Balayons devant chez soi avant de le faire chez les autres.

Dans tous les cas, il est aujourd’hui urgent de se renseigner sur son alimentation, que l’on soit omnivore ou vegan. Bon nombre de nouvelles maladies sont nées de notre alimentation moderne. Il est temps de la remettre en cause et d’agir en conséquence. Le végétalisme me semble être une des bonnes réponses à ces nouvelles problématiques de santé. Une fois encore, je vous rappelle que vous n’êtes pas obligé de devenir vegan. Ne l’étant pas moi-même je ne vais pas vous taper dessus si vous ne l’êtes pas. Je m’efforce simplement de dire qu’il faut réagir et consommer en toute conscience et connaissance de cause, ne serait-ce que pour notre propre santé.

J’espère que ce nouvel article vous aura appris quelques petites choses et vous aura surtout rassuré si vous avez des craintes sur le véganisme. Si vous avez des questions ou besoin de plus de détails, n’hésitez pas, ce sera avec plaisir ! La prochaine fois nous parlerons donc du mythe du lait, histoire de continuer sur cette belle lancée.